Fillod
Corps celestes - 2022
Impression sur papier d’après diapositives datant des années 1970 et 80.
Les chimies utilisées pour les pellicules photo, sont fondamentalement instables sur le plan chimique, surtout les plus anciennes. Leur évolution et dégradation dans le temps sont aléatoires. Ce tirage est issu d’une série de diapositives familiales conservées et oubliées dans une boîte en carton. Après 30 ans de lente dégradation, des moisissures ont progressivement colonisé la gélatine. Le résultat de ce processus est étonnant
et imprévisible !
Avec ces marques d’altération, nous sommes les témoins du travail du temps. Nous rendant visible son épaisseur, ainsi que la volupté de l’instant, de l’éternel dans l’éphémère, qui nous renvoie inexorablement à notre condition mortelle. Ce n’est pas tant la notion de temps qui passe qui se questionne que celui du mouvement du temps et ce qu’il révèle des modes et de notre époque.
Qu’est ce qui disparaît sous la patine du temps, marquant les mouvements personnels et sociétales?
Ou placer le curseur entre absolu et relatif? Et qu’est ce qui survit à cette érosion temporelle entre les souvenirs forcément intimes et l’implacable transformation des corps physiques?







